iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiTexte de Raphaëlle Jeune - Commissaire d'exposition - janvier 2010

 

« L’épopée bleue » est une nouvelle étape du projet Histoire d’une représentation que développe Armand Behar depuis
plus de dix ans.
L’environnement conceptuel de Plutôt que rien : démontages, qui implique l’éphémérité de l’œuvre
et évoque la notion de passage, est l’occasion pour l’artiste de reconstituer un plateau de tournage, dispositif provisoire
et modulable dont la fonction est de filmer des personnes sur fond incrustation, afin de les immerger dans un monde
artificiel : un paysage en images de synthèse où la mer est surplombée par une montagne chauve au sommet de laquelle
se dresse une barre d’habitation aveugle et silencieuse, « vestige » d’une modernité urbaine en apparence désertée.

Cette production d’images est pensée par Armand Behar comme un transfert entre la réalité des corps inscrits
dans le lieu d’exposition et la fiction d’un lieu imaginaire, que nous serions invités à habiter dans la désincarnation
de notre image.

Au passage du temps qui caractérise le contexte de l’exposition, Armand Behar ajoute une dimension topologique,
un mouvement transverse ouvrant à un temps parallèle dont nous ne mesurons pas les contours.