Texte de Anne Isabelle Vignaud Directrice-Condition Publique Roubaix - 2009

Dans ces installations-expositions Armand Behar invite le visiteur à circuler
dans un univers plastique, qui confronte des objets (chaise de bureau,
feuilles mécanographiques), des matériaux (moquette, métal), des espaces,
des lumières, évoquant à la fois l’existence d’une presqu’île utopique
(photographies, croquis, vidéosurveillance), baignée dans une aurore
persistante et la standardisation produite par notre administration moderne.
La multiplication des points de vue sur la presqu’île sème un trouble perceptif :
cœxistence improbable de la banquise et des volcans, barre d’habitation
surplombant une mer froissée, brûme paramètrée, traitements facettisés,
« maps » floues..., révèlent un programme informatique sous-jacent.
La consultation des microfiches de la visionneuse le confirme :
nous sommes dans un monde fabriqué. Il est habité par des artistes
en résidence, au service unique de sa représentation. Les images produites,
notamment diffusées en boucle dans les espaces publics, semblent être
l’imaginaire-boussole d’une civilisation souterraine.